Reportage du journal l’Avenir Agricole sur l’apprentissage à l’UFA Rochefeuille

Rémi Hagel, journaliste du journal l’Avenir Agricole est venu au lycée Rochefeuille faire un reportage sur les formations en apprentissage. Ci-dessous l’article paru dans le journal du 22 janvier 2018.
Voir aussi l’article complémentaire :
« L’apprentissage, à l’agenda politique »

Un apprenti, quels intérêts ? Le gouvernement veut développer l’apprentissage. Sur le terrain, cette méthode fait ses preuves. La réussite est liée à la maturité du jeune. Il faut aussi lever des idées reçues sur son coût, pour les maîtres d’apprentissage. Exemple au lycée Rochefeuille à Ernée (Mayenne).

 

Sur son site d’Ernée, le lycée Rochefeuille forme 35 jeunes en apprentissage, en CAP Métiers de l’agriculture et CAP Jardinier paysagiste. C’est peu sur les 600 élèves de l’établissement ; l’apprentissage correspond pourtant bien à une voie de formation utile, avec un emploi à la clé.

Le jeune : maturité requise

L’apprenti est salarié dans une entreprise, où il passe 34 semaines par an (pour 13 semaines au centre de formation). C’est une différence fondamentale avec des formations scolaires, où l’alternance existe mais sous forme de stage. Le stagiaire ne touche pas de salaire, mais peut changer de maître de stage. L’apprenti s’engage pour deux ans. Il s’agit d’un contrat tripartite, entre le centre de formation, le jeune (ses parents) et l’employeur.
Les CAP de Rochefeuille recrutent des jeunes juste sortis de 3e. Un critère déterminant de sélection est leur maturité. “L’entretien permet de cerner le profil de chacun. Il faut que le jeune ait envie de s’assumer individuellement, que le cocon familial ne soit pas trop important. On vérifie que ses motivations sont pesées, et qu’il ne s’engage pas que pour la paie à la fin du mois” décrit Ludovic Fournier, responsable de la section apprentissage. En face, l’employeur aura des exigences. C’est pourquoi le travail de sélection et de mise en relation par le centre de formation est fondamental. “Quand c’est possible, on propose au jeune de passer quelques jours sur l’exploitation avant de signer le contrat, pour être sûr que la relation avec le maître d’apprentissage va fonctionner.” Cela porte ses fruits : “Souvent, le jeune s’approprie l’exploitation où il est.” A cet âge-là, il retrouve une forme d’autorité paternelle chez son encadrant.

S’engager dans l’apprentissage demande rigueur et maturité, mais c’est bénéfique : “A diplôme égal, l’employeur va choisir un apprenti.”

Le maître d’apprentissage : intérêt financier

L’apprentissage en agriculture reste pourtant peu développé, en particulier en Mayenne. On trouve une explication historique à ce constat : les grilles de rémunérations des apprentis étaient élevées, jusqu’à 70 % du Smic brut. Cela a rebuté nombre d’employeurs potentiels. Aujourd’hui, les salaires sont redescendus à 35 % du Smic (45 % en 2e année), pourtant l’idée d’un coût élevé “reste très ancrée”.
C’est pourquoi l’an dernier, le lycée a envoyé un courrier aux agriculteurs, cassant ces idées reçues. Car, en réalité, “la première année ne coûte rien à l’exploitant. Voire, il peut dégager un excédent”, certifie Ludovic Fournier. Il existe de nombreuses aides (1).
Le volet administratif peut rebuter. Le responsable de formation se déplace volontiers pour aider à réaliser ces procédures. Le lycée Rochefeuille a proposé aux potentiels employeurs une formation en juillet dernier, pour les informer et les préparer.
Bien sûr, le maître d’apprentissage doit consacrer du temps à former son jeune, qui n’est pas autonome au départ (cela varie si c’est un CAP ou un BTS). Mais en retour, ce jeune plein d’envie va se révéler une main-d’oeuvre utile. C’est l’autre argument positif qui peut motiver, et de plus en plus compte tenu de l’agrandissement des exploitations. Le maître trouvera peut-être même son futur repreneur ?
Certains retours sont impalpables mais de grande valeur : “Former un apprenti peut être un remède à la solitude. Par ailleurs, c’est valorisant de transmettre son savoir. L’employeur est toujours très bien considéré par son apprenti” décrit Patrick Pavy, le directeur.

Rémi Hagel

(1) Pour la première année de formation : Prime région : 1 000 €, Prime TPE embauche mineur 4 400 €, Prime Etat première embauche : 1 000 €, Crédit d’impôt : 1 600 €, CICE sous condition.

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